L’ÉCONOMIE DU COMPORTEMENT ET LA THÉORIE DU CARE. LES ENJEUX D’UNE FILIATION

Les travaux récents associés à l’économie expérimentale et comportementale remettent en cause les hypothèses de l’analyse économique standard (rationalité pure, égoïsme des individus). A un objectif initial de réaménagement du paradigme dominant – permettant de rendre compte des comportements observés en laboratoire tout en préservant un cadre formel rationnel – se substitue une nécessaire refondation basée sur des hypothèses de comportement plus réalistes. Après le détour walrasso-parétien, un retour à la conception de l’Economie Politique soutenue par les auteurs classiques est donc envisageable. Dans cet article, nous montrons que la théorie philosophique du care, construite par opposition à la rationalité pure, fournit un guide à partir duquel les économistes peuvent construire une nouvelle économie du comportement sensible, personnelle et paternaliste. Nous montrons en particulier (1) comment les travaux récents en économie expérimentale et comportementale introduisent de façon novatrice les affects, la diversité de la représentation de l’individu et le rôle de l’intervention publique et (2) comment ces modifications appellent à une refonte du paradigme standard au-delà de ce que requiert la rationalité instrumentale.

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