La neutralité du contexte

En psychologie, les chercheurs n’hésitent pas à effectuer des expériences dans des contextes originaux.

Dans ce domaine, les psychologues sociaux ont souvent fait preuve d’une inventivité à toute épreuve, comme en témoigne les travaux sur l’obéissance à l’autorité de Stanley Milgram ou la célèbre expérience de Dutton et Aron (1974) localisée sur un pont vertigineux.

La méthodologie expérimentale définie par les économistes, sous l’impulsion de Vernon Smith, préconise a contrario la plus grande neutralité du contexte dans lequel s’effectue la décision.

  • Dans les jeux qui sont proposés aux participants, outre l’anonymat des sujets, aucune allusion n’est faite concernant notamment le statut des joueurs (négociateurs, entreprises, syndicats, etc.) ou le cadre institutionnel dans lequel s’effectue l’action (marché spécifique, intervention ou non de l’Etat, etc.).
  • Le jeu est ainsi présenté de façon clinique (joueurs 1 ou 2, actions A ou B, etc.) sans référence au contexte réel auquel le jeu se réfère (construction d’un bien public, mise en place d’une taxe environnementale, etc.).

Pour les économistes, l’enjeu lié à la neutralité est de pouvoir tester la validité des prédictions des théories économiques dans un contexte le plus général possible.

  • Il est ainsi préférable de limiter les effets intrapersonnels qu’un contexte précis aurait tendance à accentuer (comme, par exemple, la protection de l’environnement ou la contribution à une oeuvre de charité).
  • L’exigence d’une neutralité du contexte de la décision est cependant l’objet d’une discussion parmi les économistes. [1]
  • L’existence d’un fort « effet de présentation » sur les comportements économiques incite ainsi les psychoéconomistes à tenir compte du cadre réel dans lequel s’effectue la prise de décision.

[1] Voir en particulier LOEWENSTEIN G. [1999], Experimental Economics from the Vantage-Point of Behavioural Economics, Economic Journal, 109, p. F25-F34.