John Maynard Keynes

John Maynard Keynes (1883-1946) est un précurseur “méconnu” de la psychologie économique.

La pensée keynésienne est souvent associée (et souvent réduite) aux politiques de relance de la consommation et de l’investissement public et au rôle mécanique du multiplicateur d’investissement.

Or, dans l’analyse du maître de Cambridge, les variables psychologiques jouent un rôle crucial dans le fonctionnement de l’économie.

On évoque ainsi souvent la loi psychologique fondamentale qui stipule que lorsque le revenu augmente, la consommation augmente également mais dans une proportion moindre que le revenu [1].

Dans la Théorie Générale (1936), les variables psychologiques reposent cependant de façon centrale sur les anticipations effectuées par les différents agents :

  • Les besoins en monnaie des individus proviennent de motifs de transaction, de précaution mais aussi d’un motif de spéculation fondé sur les anticipations de taux d’intérêt.
  • Pour investir, l’entrepreneur compare le taux d’intérêt sur le marché avec le supplément de recette qu’il pense pouvoir tirer de cet investissement. Ce supplément dépend de « l’efficacité marginale du capital » qui n’est pas une valeur objective, mais une estimation, une valeur anticipée.
  • La demande effective est la valeur de la fonction de demande globale qui devient une réalité parce que, compte tenu des conditions de l’offre, elle correspond au niveau de l’emploi qui porte à son maximum l’espoir de profit des industriels.
  • Enfin, Keynes suggère que le comportement des investisseurs peut être mis en parallèle avec les concours de beauté organisés par les journaux de l’époque [2].

Toute l’analyse de John Maynard Keynes repose sur l’existence d’un monde caractérisé par une incertitude radicale dans laquelle les mécanismes psychologiques sont essentiels.


[1] Proportion qui mesure la propension marginale à consommer.

[2] Pour en savoir plus, reportez-vous à l ’article sur le jeu expérimental du concours de beauté.