Risque ou incertitude ?

La théorie de la décision a fait très tôt une différence, avec Frank Knight (1921), entre la notion de risque et celle d’incertitude.

  • Le risque s’apparenterait ainsi à une situation dans laquelle les évènements futurs (appelés aussi états de la nature) sont connus et probabilisables, comme c’est le cas dans la théorie de l’espérance d’utilité (étude des choix risqués).
  • L’incertitude renverrait à une situation beaucoup plus floue où les évènements futurs ne sont pas connus et probabilisables.

Toute l’ingéniosité du statisticien américain Leonard Savage (en photo ci-dessus) a consisté à supposer que, même dans une situation d’incertitude, un individu a la possibilité de former une probabilité subjective sur l’occurrence (ou non) d’un évènement futur [1].

  • C’est par exemple le cas lorsque vous tentez de deviner (ou que vous avez une idée) du temps qu’il fera demain ou dans une semaine....
  • La prise en compte des probabilités subjectives conduit à réduire considérablement la différence entre le risque et l’incertitude.
  • Le risque fait référence à une situation en présence de probabilités objectives, l’incertitude renvoie à des probabilités subjectives.
  • Le paradoxe d’Ellsberg montre cependant que les individus ne manient pas toujours de façon très rationnelle les probabilités qu’ils perçoivent.

[1] Inversement, un individu peut toujours avoir une perception subjective d’une probabilité objective, par exemple en supposant que la roulette au casino est truquée et que la probabilité de gain est inférieure à la probabilité affichée

L’hypothèse de rationalité