Le regret anticipé

Lorsque l’on évoque ce scénario, les gens ont un avis très tranché sur la question : 92% des personnes interrogées indiquent que c’est Constantin qui nourrira le plus de regrets contre seulement 8% qui pensent que ce sera Léopold.

Ce consensus met en évidence la capacité que nous aurions à pouvoir anticiper le regret.

Il semble en particulier que nous anticipions des réactions de regrets plus fortes face à un résultat qui est le produit d’une action plutôt que face à un résultat qui est le produit de l’inaction.

  • C’est parce que Constantin a changé de stratégie (alors que Léopold n’a rien modifié) qu’on lui attribue davantage de regret [1].
  • En fait, ce qui compte dans ce scénario, c’est de suivre ou non la norme. Sur les marchés financiers, quand vous possèdez un titre, le choix par défaut (c’est-à-dire la norme), c’est de ne pas le vendre ! Vendre, c’est donc prendre le risque du regret...

Le regret nous pousserait ainsi à adopter des choix conservateurs.

  • Par exemple, les consommateurs à qui l’on rappelle qu’ils pourraient regretter leurs choix affichent une préférence accrue pour des choix conventionnels, privilégiant les marques plutôt que des produits atypiques.

[1] Dans le contexte des jeux d’argent, on observe ainsi que les parieurs sont plus satisfaits s’ils parient et gagnent que s’ils s’abstiennent de parier et gagnent la même somme.