L’explication du paradoxe

Kahneman et Tversky [1979] [1] sont les premiers à proposer une explication cohérente du paradoxe et de l’existence des préférences d’Allais (AD) [2].

Le choix majoritaire du couple de loteries AD est expliqué par l’effet de certitude [3] :

  • au moment du choix entre la loterie A et la loterie B, l’individu doit sacrifier un gain certain d’un million d’euros pour une loterie qui lui permet d’obtenir davantage mais qui lui fait courir le risque de ne rien gagner du tout.
  • Lors du choix entre C et D, l’individu doit sacrifier une faible chance (11%) de gagner 1 million d’euros contre une chance légèrement plus faible (10%) de gagner nettement plus.

L’effet de certitude (Kahneman et Tversky [1979]) traduit donc le fait que la différence entre un gain certain et un gain probable nous paraît bien plus importante qu’une différence comparable dans la gamme des probabilités intermédiaires.


[1] Kahneman, D., & Tversky, A. (1979). Prospect Theory, Econometrica, 47, p. 263-292.

[2] Une autre possibilité consiste à supposer que les individus ne sont pas rationnels. Compte tenu de la persistence du paradoxe, ceci est cependant peu plausible.

[3] A ne pas confondre avec le principe de la chose sûre.

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