L’intuition morale

Dans le scénario de la voie secondaire, 85% des participants de l’étude expérimentale de Hauser et al. (2007) répondent qu’il est moralement acceptable de détourner le tramway sur la personne seule.

  • En ce sens, ces participants rejoignent majoritairement la conception économique utilitariste de Jeremy Bentham qui revient à rechercher “le plus grand bonheur pour le plus nombre”.
  • Dans cette optique, il est en effet préférable (et donc moralement justifié) de sacrifier la vie d’une personne pour en sauver cinq.

Le résultat le plus intéressant de cette étude repose sur la comparaison des résultats entre les deux scénarios : dans celui du “Pont”, 12% des individus estiment l’acte moral contre 85% dans le scénario de la “Voie secondaire”.

Ceci révèle deux choses :

  • il semble, tout d’abord, que les raisonnements moraux ne sont pas le produit d’un raisonnement conscient à partir de principes moraux explicites. La morale présenterait en ce sens un aspect intuitif ou émotif prépondérant.
  • Ensuite, l’expérience montre que le contexte dans lequel s’effectue la prise de décision (morale) est fondamental [1] : en particulier, envisager de pousser un individu au-dessus du pont vous implique davantage émotionnellement que le simple fait d’actionner un levier !

Pour en savoir davantage (sur la philosophie expérimentale et ses résultats), consultez l’ouvrage de Florian Cova.


[1] On retrouve une logique similaire en psychologie économique avec l’effet de présentation décrit par Kahneman et Tversky.