L’effet dotation

L’effet dotation désigne une tendance des agents économiques à attribuer une plus grande valeur à un objet qu’ils possèdent qu’à celui qu’ils ne possèdent pas [1].

  • Kahneman, Knetsch et Thaler [1990] [2] ont illustré ce principe en répartissant des étudiants répartis en trois groupes :
    1. ceux qui reçoivent des tasses à l’effigie de leur université (des « mugs ») et qui peuvent les échanger contre des barres de chocolat (groupe 1) ;
    2. ceux qui reçoivent des barres de chocolat qu’ils peuvent échanger contre des mugs (groupe 2) ;
    3. et, enfin, ceux qui ne reçoivent rien mais qui doivent donner leur préférence entre les barres de chocolat et les mugs (groupe 3).
  • Les résultats sont les suivants : 89% des sujets du groupe 1 choisissent de conserver leur mug, 90% des sujets du groupe 2 préfèrent garder leur barre de chocolat et 56% des étudiants du groupe 3 ont opté pour un mug.

L’effet dotation implique donc que lorsque les individus entrent en possession de leurs biens, ils modifient la façon dont ils les évaluent. Le contexte affectif modifie en particulier la façon dont le bien est évalué. L’effet dotation serait ainsi renforcé en présence d’états émotionnels positifs via l’heuristique d’affectivité [3].


[1] Comme c’est le cas notamment des propriétaires de leur habitation ou encore des investisseurs individuels.

[2] Kahneman, Knetsch et Thaler [1990], Experimental tests of the endowment effect and the Coase theorem, Journal of Political Economy, 98, p. 1325-1348.

[3] Lin, Chuang, Kao et Kung [2006], The role of emotions in the endowment effect, Journal of Economic Psychology, 27, p. 589-597.